Depuis la conquête de l’espace de l’espace, les photos de la terre prises par les sondes spatiales ou les cosmonautes représentent la terre sous forme d’une boule de couleur bleue. C’est la planète bleue sous entendu planète de l’eau. L’eau occupe en effet 71 % de la surface du globe terrestre (74 % si l’on tient compte des glaciers) à travers les océans et les mers. L’océan pacifique à lui seul occupe plus de place que la surface cumulée de tous les continents.
Cette couleur et ces chiffres ne sont malheureusement qu’illusion. En volume, l’eau totale ne représente qu’une infime partie de la planète : 1,4 milliard de km3 contre 1 083 milliards de km3 pour le volume de la terre, soit 800 fois plus de terre que d’eau. Ce qui a fait dire à certains que l’eau de la terre ne représente qu’une petite goutte de rosée sur une grosse orange.
Même cette eau, pourtant d’un volume bien modeste, est pour 97 à 98 % saline (eau des mers et des océans) donc impropre à la consommation humaine. Des 2 à 3 % d’eau douce qui restent, une très grande part est sous forme de glace dans les régions polaires (90 % dans l’Antarctique, 9 % au Groenland) et une très petite partie recouvre les cimes les plus élevées (1% sur les montagnes).
En définitive, les réserves potentielles d’eau auxquelles l’homme peut accéder ne représentent que 0,6 % de l’eau planétaire, soit 8 à 9 millions de km3. Même cette faible quantité n’est pas facilement accessible puisque dans sa très grande majorité (98 %) elle est en réserve dans des nappes souterraines situées à plus de 8oo mètres de profondeur dans la plupart des cas.
L’eau facilement accessible est bien sur l’eau des cours d’eau, des rivières et des fleuves. Elle représente seulement le millionième de l’eau de la terre.
L’espèce humaine dispose en définitive de 32 000 km3 d’eau par an soit 4 millions de litres par être humain et par an ou 11 000 litres par jour et par personne pour son alimentation, son agriculture, son industrie, son hygiène…Ces quantités peuvent paraître plus ou moins suffisantes si elles étaient bien réparties !
A ce sujet, il faut savoir qu’un être humain consomme au minimum 2 litres par jour (7 à 8 l/j dans les zones arides et chaudes). La consommation d’eau est considérée comme un critère de développement, la consommation/personne est beaucoup plus élevée dans les pays développés et que dans les pays pauvres.
L’Algérie accuse une raréfaction de ses ressources en eau. Ses ressources en eau se dégradent en quantité et en qualité. La disponibilité théorique en eau est en baisse : 720 milliards m³ en 1990 et 630 milliards m³ en 1998. Les pertes d’eaux dans les réseaux de distribution sont très importantes, elles sont estimées à 420 milliards de m3/an soit environ 40 % de la disponibilité théorique évaluée à 1 050 milliards de m3 (pour 1998 par exemple : 630 milliards de m3 de disponibilité + 420 milliards de m3 de fuites).
Le volume annuel d’eaux usées rejetées, estimé à 600 millions de m3 contient 200 000 tonnes de matières organiques créant une source de pollution.
Les ressources hydriques des 435 bassins de décantation dont l’eau est utilisée pour les besoins d’une population d’un million d’habitants, sont réduites par rapport à leur capacité théorique car les bassins sont mal entretenus parfois même en état d’abandon.
Les principales grandes villes du pays disposent de stations d’épuration, mais la plupart sont en panne ou ont un fonctionnement aléatoire. Dans certaines villes comme par exemple Djannet dans la wilaya d’Illizi ou El Ateuf dans la wilaya de Ghardaia, l’absence de stations d’épuration risque à terme de compromettre leur développement économique.
La remontée des eaux constitue même un phénomène majeur de survie comme pour la ville d’El Oued. L’absence de réseau d’évacuation et le recours à de milliers de fosses septiques a gravement détérioré le sous-sol, contaminant par endroits la nappe phréatique et entraînant par endroits des remontées des eaux usées.
Cette situation explique l’état endémique des maladies à transmission hydrique. (exemple : choléra, typhoïde, dysenteries, hépatite …).
Le problème de l’eau en Algérie est donc un problème prioritaire. C’est pour cette raison que ce thème a été proposé par la Forem pour faire l’objet d’un atelier à Alger, organisé en partenariat avec une association allemande InWent du 15 au 17 octobre 2003 à l’hôtel El Djazair. Cet atelier a réuni les responsables de l’Algérienne des eaux, distributeur unique de l’eau en Algérie, des responsables des ministères des ressources en eau et de l’environnement, des représentants des collectivités locales (assemblées de wilaya et assemblée populaire communale), des représentants des associations et des universitaires.
1- Les attentes exprimées par les participants à cet atelier ont été les suivantes : quelle est la part de l’irrigation dans les volumes d’eau distribués ? Insertion de la fonction de médiateur dans la fonction publique. Quelles sont les procédures sur les manières de régler les conflits (soi même) : entre les distributeurs et le citoyen d’une part et les distributeurs et les industriels d’autre part. Le rôle de la médiation dans la communication interne et externe de l’entreprise.
2- Y-a-t-il une procédure type pour régler tous les genres de conflit ? ‘’je pense que la théorie et la pratique divergent dans le domaine de la médiation, pour cela j’aimerai bien étudier un conflit et le résoudre’’. ‘’Je suis confrontée tous les jours à des frictions entre deux personnes travaillant sous mon autorité. J’attends de cet atelier la manière de faire la médiatrice et non la juge.’’ Réhabiliter les anciens systèmes de médiation.
3- Mes contributions : Comment répondre concrètement au problème de l’eau à Alger ? Comment assurer l’adhésion participative du mouvement associatif et des citoyens ? Explication des systèmes AEP et des règles générales du service des eaux. Expliquer comment se fait la distribution de l’eau dans la capitale ainsi que l’intervention de nos équipes sur le plan technique.
4- Préparation : estimez vos alternatives. Connaissez vis intérêts et vos craintes et imagines ceux des autres. Tenez compte des options mutuellement bénéfiques. Sachez pourquoi vous négociez. Discuter sur la manière de discussion.
5- Créer des valeurs : explorer les intérêts et les craintes plurilatéraux. Evitez les critiques négatives et des mots négatifs. Trouver des possibilités sans s’engager. Générer des solutions qui élargissent le champ d’action. Faites recours à des personnes respectées pour améliorer la communication.
6- Distribution de valeur : comportez-vous d’une façon qui augmente votre capital confiance ; Discuter des critères pour une distribution équitable des bénéfices. Recourir à des personnes respectées pour suggérer des distributions possibles. Trouver des solutions compréhensives et adaptées localement. Créer des accords qui se renforcent presque eux-mêmes.
7- Accepter le contrôle des arrangements réalistes/faisables. Alléger l’implication pour éviter le découragement. Contribuer à améliorer les relations. Faites appel à des personnes respectées pour résoudre les désaccords.
8- Désignation du service public : le service AEP désigne l’ensemble des prestations de service que doit fournir le distributeur pour faire face aux obligations contenues dans le contrat. Le service public en général : c’est la structure étatique mise à la disposition du citoyen pour satisfaire ses besoins. Valeurs/et principes : - information et respect du citoyen (bon accueil…), - satisfaction des besoins du citoyen, - respect des cahiers de charge, - distribution équitable des services et du produit, - prise en charge des problèmes du citoyen, - transparence dans le travail et affichage du programme de distribution, explication et information du citoyen (facture…), - formation du personnel d’accueil.
9- - rapidité dans l’intervention (travaux), -aviser l’usager des coupures, - assurer la bonne qualité du produit, - améliorer le service pour les enquêtes socio-économiques, -(rigueur dans le travail au service de l’abonné (relation avec les abonnés), - sensibilisation du citoyen sur l’économie de l’eau, la continuité et la garantie du service (relève).
10- Définition des principes du service public : 1) organisation équitable des services, 2) objectif : l’intérêt général, 3) gestion des collectivités, 4) avoir un statut juridique, 5) missions et prérogatives, 6) contrôle et suivi, 7) transparence et bonne gouvernance, 8) utilisation rationnelle des finances, 9) information des citoyens sur les nouvelles lois, 10) participation des citoyens.
11- Satisfaction du citoyen : le service public doit être régi par des lois précises, procédures de gestion, devoir du citoyen envers le service public, transparence dans la relation citoyen-service public, coopération entre le service public et les représentants de quartiers, associations, ONG, relation de confiance et équité dans le service rendu, service de communication efficace, formation continue, satisfaction des employés (bonnes conditions de travail), exploration et prise en considération des doléances du citoyen.
12- Les causes : 1) structurelles : n’existent pas, ne fonctionnent pas/mal, mauvaise répartition, coopération avec d’autres services publics, 2) financières : manque d’argent, mauvaise gestion , 3) humaines : compétences techniques/financières, gestions des ressources humaines, salaires adaptés, motivation, 4)culture du service public : responsabilité.
13- Service téléphone : coop avec le service téléphone, ligne spéciale, compétence de la personne qui répond, informer la personne qui répond, expliquer au citoyen le pourquoi, prendre des coordonnées,n accueil.
14- Critères de l’information : 1) origine de l’information (diffuseur/ADE), 2) destinataire (la clientèle ou l’usager) avec précision de l’adresse ou commune, 3) le contenu du message : contenu clair, simple et rapide, la nature de l’incident (pollution, incident technique…), la durée ou période de coupure d’eau, assurer une AEP par camions citernes (en cas de période de non service), rassurer par la mise en place de mesures concrètes d’intervention, de réparation ou de prise en charge, de traitement, les excuses à la clientèle des désagréments causés, 4) les formes et les moyens de l’information et la période de diffusion (les masses média, l’affichage, le contact direct, la répartition, les caractère (éducatif, préventif, curatif…), l’actualisation, mise en place d’une ligne verte ;
15- Critères : eau polluée : 1) définir le lieu : quartier, rue, 2) nature du problème : infiltration d’eau usée dans le réseau AEP, 3) gravité du problème : contact avec DSP et DH, symptômes constatés, nbre de cas enregistrés, situation sanitaire, 4) moyens d’information : radio locale, journaux, TV, hauts parleurs ou porte à porte, affichage.


