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L’abus de drogue a pris, ces dernières années, en Algérie une importance considérable. La cruauté et la brutalité avec lesquelles ont étés commis de nombreux crimes et massacres au cours de la décennie quatre vingt dix, laissent à penser, en effet, que ces actes n’ont pu être exécutés que sous l’influence de la drogue. Aujourd’hui, la drogue menace principalement les jeunes.
Histoire du développement de la consommation de la drogue en Algérie :
Le problème de la drogue est relativement nouveau dans notre pays. Avant les années quatre-vingt, la consommation de drogue se limitait à des groupes spécifiques de la société : artistes, malades… ou dans les wilaya riveraines des frontières ouest comme Bechar et Adrar. Les informations officielles rapportées par la presse au cours de cette période évoquaient occasionnellement ce problème, notamment lors de saisies par la douane ou par la police de petites quantités de hachisch, de kif ou de médicaments détournés. Le nombre d’arrestations ou de condamnations pour possession de drogue était insignifiant. A l’époque, la frontière ouest avec le Maroc d’où provenait l’essentiel de la drogue, était fermée depuis 1975, suite au différent surgi avec l’annexion par le Maroc du Sahara occidental. Le trafic transfrontalier était sévèrement contrôlé. Après la mort de Boumédiène, une certaine libéralisation a vu le jour et avec elle est intervenue la réouverture de la frontière Algéro-marocaine.
D’autres facteurs sont intervenus parallèlement comme : la démographie, la crise économique qui a durement frappé le pays en 1985-1986, l’exode rural, l’apparition de bidonvilles autour des grandes agglomérations parfois même à l’intérieur des villes, à la lisière de certains quartiers, la crise de logements et la promiscuité conséquente (l’occupation moyenne par logement atteignait 8 à 10 personnes), l’oisiveté suite au manque d’occupation : marché du travail limité, absence d’aménagement du temps libre…, grande déperdition scolaire : prés de 60% des jeunes n’arrivent pas à l’université et plus de 20% ne terminent pas leur cycle primaire, la perte d’espoir en une vie meilleure…La sommation de ces facteurs et leur potentialisation ont poussé à l’explosion sociale d’octobre 1988. Pour une courte période, l’ouverture démocratique et le système du multipartisme ont paru faire diversion. Cependant, l’arrêt du processus électoral en janvier 1992, instaure un climat de violence sans précédent ce qui entraîne une priorisation et une amplification du problème sécuritaire. Cette situation intervient alors qu’aucun problème social n’est résolu, pire les frustrations de toutes sortes s’accumulent et s’exacerbent sans que des soupapes de sécurité ne soient mises en place. De pays de transit de drogue, l’Algérie s’enfonce progressivement dans la consommation de drogue. Ainsi, le pourcentage de quantités de drogue, saisies et destinées à être écoulées sur le marché local, est passé de 6,6 % en 2000 à 26,5 % en 2002. Selon les statistiques fournies par la Gendarmerie Nationale, il y a eu en 2002 : saisie de 268,6g de cocaïne et de 24 214 comprimés de psychotropes. Le nombre d’affaires relatives aux problèmes de drogue, présenté à la justice a été de 1 619 en 2000 et de 1 652 en 2001...................
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