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Le suicide chez l’enfant

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La presse au cours de ces dernières années a beaucoup insisté sur le phénomène du suicide. L’enfant en général et l’adolescent en particulier est-il concerné ? Quelle est l’importance de ce phénomène chez les jeunes ? Quelles en sont les causes ? Quelles sont les mesures à prendre pour le prévenir ?


Des causes multiples et souvent enchevêtrées :

Les enfants qui ont vécu les péripéties de la dernière décennie n’ont pas pu la dépasser sans séquelles. Les séquelles de traumatisme psychologique ne peuvent s’effacer et l’avenir reste imprévisible. Les facteurs socio-économiques et principalement la pauvreté, l’éclatement des familles, le relâchement de l’emprise religieuse et les multiples difficultés de la vie peuvent se conjuguer pour pousser l’enfant ou l’adolescent dans l’abîme.

L’enfant en phase pré-pubertaire peut présenter un trouble dépressif. Il faut y penser devant un enfant triste, toujours en retrait, souvent l’air absent ou au contraire devant un enfant irritable, agité, souvent en opposition.

L’adolescent traverse une phase cruciale de son existence qui va le mener à l’âge adulte. Il va présenter des changements physiologiques, sociologiques, psychologiques et affectifs. Sous la pression de divers facteurs énumérés plus haut, l’enfant peut basculer et passer à l’acte, lequel se caractérise par des actes impulsifs violents dirigés contre soi-même ou contre les autres (délinquance avec ses visages de vol, fugue, vandalisme, ou automutilation, conduite à risque, tentative de suicide…). L’adolescent peut présenter une dépression qui se manifeste par de la tristesse, une irritabilité ou une agitation, des troubles relationnels avec sa famille, un changement de l’appétit et du sommeil, une chute du rendement scolaire…Il n’est pas rare qu’il consomme de l’alcool, des drogues ou des médicaments (psychotropes). L’interrogatoire peut retrouver une notion de maltraitance dans l’enfance, des antécédents familiaux de tentative de suicide ou de suicides, des antécédents familiaux d’alcoolisme ou d’affections psychiatriques…

Le passage à l’acte chez les garçons traduit un acte de désespoir. Il est souvent consécutif à l’incompréhension des parents. C’est souvent un conflit de génération entre un père analphabète ou rigide sur les principes et qui pousse inconsciemment son fils vers le désespoir. Ce conflit est bien sûr alimenté par la pauvreté, l’oisiveté, les déceptions sentimentales… L’enfant se sent rejeter, principalement par ses parents, il va chercher des dérivatifs dans l’alcool, la drogue, vole pour s’alimenter…et aboutit au passage à l’acte. Chez les filles, l’itinéraire n’est pas très différent, les problèmes familiaux, l’incompréhension des parents, l’échec scolaire, les déceptions sentimentales sont des facteurs déterminants.

Importance du suicide chez les jeunes :

Le taux annuel de suicide chez les jeunes reste relativement bas dans le monde, il est inférieur à 15 pour 100 000 garçons. Les taux les plus élevés se voient en Lituanie (44,9), en Fédération de Russie (41,7), en Nouvelle Zélande (39,9), en Slovénie (37), en Lettonie (35), en Finlande (33), en Estonie (29,7), en Norvège (28,2), en Australie (27,3), en Suisse (25)…Les taux les plus bas sont observés en Grèce (3,8), au Portugal (4,3), en Italie (5,7), en Espagne (7,1)…Dans de nombreux pays européens dont la France, le suicide est devenu la deuxième cause de décès chez les adolescents après les accidents de voiture.

Le suicide a toujours été considéré comme un épiphénomène dans notre pays. On l’évoquait peu parce que son importance était minime. D’après l’annuaire statistique de l’Algérie de 1954, le nombre de jeunes âgés de moins de 18 ans, qui se sont suicidés était de 23 dont 14 garçons et 9 filles. Ces statistiques concernaient aussi bien la population musulmane qu’européenne résidant en Algérie.

Les statistiques de la Direction Générale de la Sûreté Nationale sur la dernière décennie montrent également que les jeunes sont beaucoup plus rarement concernés. Ces statistiques ne rendent pas cependant compte de l’ensemble des tentatives de suicide et de suicides constatés sur le territoire national, car on estime qu’environ un cinquième du nombre a été constaté par les services de Gendarmerie Nationale dont les statistiques ne sont pas inclues dans le tableau ci-dessous.....................

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